04 mai 2017

Suivez le Skiguide...


Comme mon blogue est devenue très touffu et prend de l’expansion tous les hivers, j’ai eu l’idée de produire une série de «skiguides» regroupant les meilleures randonnées de ski des régions que je fréquente assez assidûment pour savoir à peu près de quoi je parle. J’inaugure ça en vous proposant mes 10 randonnées préférées dans la vallée du Saint-Laurent. C’est un mini livre électronique que vous pouvez télécharger en cliquant ici.

J'aimerais bien avoir vos commentaires sur ma sélection, le format que j'ai choisi et cette nouvelle méthode de publication. Tout ça bien sûr pour améliorer le produit au fil du temps. Écrivez-moi à barclayf@gmail.com pour me donner votre avis.

08 avril 2017

Lâché lousse au mont Orford


Une journée d’hiver au mois d’avril.

Voilà ce que j’ai trouvé aujourd’hui en allant faire du ski au mont Orford.

En fait, je devrais plutôt parler de DEUX journées d’hiver. La première prévalait au pied de la montagne où il tombait une petite neige et où le mercure oscillait près de zéro. Et la seconde sévissait au sommet où c’était carrément le blizzard avec du vent, de la grosse neige et une visibilité presque nulle. 

Comme j’avais acheté un billet de remontée, j’ai surtout profité de ces conditions hivernales pour faire du «ski de descente». Mais j’ai aussi fait assez de ski de randonnée pour en parler ici. 

J’ai découvert sur place qu’on a aménagé cet hiver sur le mont Orford des sentiers d’ascension permettant de faire de la randonnée alpine. Activité qui, à Orford, consiste à grimper la montagne à la force de ses jambes puis à redescendre par une piste de ski alpin.

J’ai un peu exploré ces sentiers sans jamais monter la montagne au complet. J’ai trouvé l’expérience agréable sur mes gros skis de télémark à écailles qui accrochaient bien dans la neige fraîche. Les sentiers sont tracés en forêt, à l’écart des pistes de descentes, alors on a l’impression de visiter les coulisses de la montagne.

Comme leur nom l’indique, les sentiers de randonnée alpine sont conçus avant tout pour les skieurs alpins équipés de fixations permettant de libérer le talon et mettant des peaux de phoque sous leurs skis pour grimper.

Ça veut dire que souvent, ils comportent des passages trop abrupts pour qu’on y monte agréablement sur des skis nordiques ordinaires. Mais ils ont le mérite de redonner accès à des sommets qui n’étaient plus accessibles qu’en remontée mécanique.

C’est la grosse mode en ce moment dans les stations de ski. Juste cet hiver, les monts Orford, Gleason et Rigaud ont ouvert de tels sentiers d’ascension. À Orford, il fallait payer 15$ cet hiver pour avoir accès aux sentiers pour toute la saison.

J’ai vraiment été impressionné par le mont Orford et ses 850 mètres d’altitude. C’est une «vraie» montagne avec un sommet abrupt, rocheux et un brin hostile, plongé dans son propre microclimat. Parmi celles que j’ai vues, c’est la montagne du Québec qui m’a le plus rappelé les Rocheuses.

J’ai toutefois vécu mon meilleur moment de la journée sur son voisin au nord, le mont Alfred-Desrochers. La remontée mécanique donnant accès à ce sommet était fermée aujourd’hui, mais quand j’ai vu la dizaine de centimètres de neige vierge dans la piste Toussiski, j’ai décidé de profiter de mes skis de randonnée et de grimper vers le sommet.

J’ai bien fait parce que j’ai fait une descente magique sur la piste Cascade. Personne n’était passé avant moi et je flottais littéralement dans la poudreuse en enchaînant les virages à la fois rapides et parfaitement confortables. C’est difficile de donner à un gars de 200 livres comme moi l’impression de voler, mais c’est ce qui m’est arrivé.

Très hâte de retourner au mont Orford, cette fois pour tenter de gravir toute la montagne par son nouveau sentier d'ascension.


02 avril 2017

Sur la montagne de Morin-Heights

Je crois bien avoir fait aujourd’hui ma dernière sortie de la saison dans les Laurentides en grimpant au sommet de la station de ski alpin de Morin-Heights, par une journée de soleil radieux et de neige collante.
 
Ceinturée de sentiers, la montagne où se trouve la station forme un terrain de jeu singulier pour le skieur nordique ; notamment parce qu’on peut agrémenter sa randonnée d’une descente par une piste de ski alpin. 

C’était la deuxième fois que je faisais l’ascension de la montagne. La première, j’étais passé par le flanc sud de la montagne en empruntant le Corridor Aérobique, la piste entretenue Birkbeiner et la portion nordique du sentier Coureur des Bois. 

Cette fois, je suis plutôt passé par le flanc sud en démarrant ma randonnée sur le sentier Horizon.  

Cette piste de randonnée nordique passe tout près des stationnements de la station de ski. C’est là que j’ai garé ma voiture pour aller prendre le sentier là où il croise le chemin Bennett, en marchant un deux minutes avec mes skis.

Le sentier Horizon nous fait grimper sans trop de mal dans la montagne… quand on arrive à le suivre. Le trajet est clair et marqué sporadiquement de balises rouges, mais je m’en suis quand même écarté à un certain moment en suivant les traces d’un skieur qui avait piqué directement vers le sommet de la montagne. 
 
La piste file plutôt vers le très joli lac Vert, qui a presque l’air d’un puits de volcan tellement il est rond et entouré de collines.

La piste Horizon contourne le lac par le sud avant de se terminer à une intersection où elle rejoint le sentier Portageur.

Rendu là, on a plusieurs options. On peut se diriger vers le Viking Ski Club en descendant vers le sud sur le sentier Portageur. On peut continuer à contourner la montagne en allant prendre la piste Birkbeiner en direction nord. Ou on peut piquer vers le sommet de la montagne en empruntant le sentier Portageur vers le nord. 
 
Le kilomètre du sentier Portageur qui mène au sommet à partir de l’intersection est absolument magnifique. On grimpe dans un vallon encaissé décoré d’énormes pierres comme celle-ci…  

Le sentier Portageur mène au sommet où aboutit le télésiège Rivière-Simon. Mon plan était de revenir sur mes pas une fois rendu là. Mais quand je suis arrivé en haut, j’ai vu que le télésiège n’était pas en fonction et que j’avais tout ce secteur de la montagne pour moi seul.

Je n’ai pas pu résister à la tentation de descendre dans la piste Viking où la neige tombée dans la nuit de vendredi à samedi était encore presque totalement vierge. 

Transformée en mince couche de pâte molle par le soleil, cette neige recouvrant un fond dur formait un tapis moelleux où ça glissait beaucoup mieux que dans la neige lourde et collante de la forêt. 

J'en ai profité au maximum en remontant dans la Viking pour la descente deux fois avant de laisser la gravité me ramener au pied de la montagne.

Conclusion : voilà un secteur rempli de possibilités pour le skieur nordique averti. «Averti» parce qu’il faut quand même composer avec 200 mètres de dénivelés en explorant la montagne. 
 
J’ai déjà hâte à ma prochaine visite. 


31 mars 2017

La CCC au mont Gabriel

Ça fait partie de mes traditions annuelles : au moins une fois par année, je vais faire du ski en oubliant d’amener mon téléphone.

C’est ce que j’ai fait aujourd’hui en allant faire une randonnée sur la piste de ski nordique CCC à Sainte-Adèle. Alors désolé de vous ramener au bon vieux temps où il n’y avait pas de photos sur Internet.

Inspiré par la carte des sentiers de Plein Air Sainte-Adèle, j’ai commencé mon excursion au sommet du mont Gabriel. La CCC part de là, en direction du mont Loup-Garou, et sur la carte c’est indiqué qu’on peut garer sa voiture dans le stationnement de l’hôtel Mont-Gabriel.

C’est ce que j’ai fait. Puis j’ai dû marcher un petit cinq minutes avec mes skis sous le bras, puisque le sentier démarre au bout du chemin du Mont-Gabriel.

Il y a une balise rouge «CCC» à l’entrée du sentier  et une autre qui nous indique qu’il faut d’abord grimper dans une colline déboisée où est plantée une antenne de télécommunication.

Une fois à l’antenne, on est un peu perdu puisqu’il n’y a pas de balise en vue. Mais il faut aller jusqu’au bout de la clairière qui s’étend à droite pour trouver l’endroit où la CCC s’enfonce en forêt et devient une véritable piste.

La piste est bien balisée par la suite… mais elle est quand même un peu difficile à suivre parce qu’elle croise plusieurs sentiers informels. À plusieurs intersections, on se demande quelle direction prendre.

Quelques balises et flèches supplémentaires régleraient vite le problème. Mais d’ici là, il faut tenter sa chance et rebrousser chemin si on cesse de voir des balises rouges. Ce que j’ai dû faire trois ou quatre fois pendant ma randonnée.

C’est le seul reproche que je peux faire à cette section CCC que j’ai trouvée fort agréable même si les conditions étaient difficiles aujourd’hui. La piste était glacée et une motoneige l’avait empruntée sur un bon bout. Mais avec mes gros skis larges, je me suis bien amusé sans jamais passer proche de me casser la gueule.

La CCC est pourtant assez accidentée. Les montées et descentes s'enchaînent sans cesse. Mais comme elle plutôt large pour une piste de ski nordique des Laurentides, on a de l’espace pour manœuvrer.

J’ai suivi la CCC sur à peu près trois kilomètres avant de rebrousser chemin au bord d’un marais que j’ai préféré ne pas traverser si tard en saison.

J’ai aussi passé pas mal de temps à explorer les abords de la piste. Près de son point de départ, il y a des sentiers de raquettes, quelques pentes dégagées et le terrain de golf de l’hôtel où on peut faire des incursions. Et plus loin en forêt, comme je le disais, la CCC croise quelques sentiers informels qu’on peut aussi explorer.

Bref, voilà un coin où je vais sûrement retourner… et pas seulement pour prendre des photos. J’ai beaucoup aimé ma randonnée, et j’ai beaucoup aimé pouvoir faire un peu d’après-ski au bar de l’hôtel Mont-Gabriel. Ma façon de remercier l’établissement de nous laisser utiliser son stationnement !   

26 mars 2017

Une randonnée sur la Sheppard


J’ai payé 12$ pour faire du ski nordique aujourd’hui, et j’en ai eu pour mon argent.

J’ai fait une randonnée sur la Sheppard, une piste de ski nordique qui fait partie du réseau de Plein Air Sainte-Adèle et qui est accessible via le P’tit Train du Nord, environ un kilomètre au nord de la route 370.  
 
Il y a un stationnement et un point d'accès au P’tit Train du Nord sur la route 370. C’est là que j’ai commencé ma randonnée en achetant un billet d’accès au P’tit Train du Nord et en avançant cahin-caha sur l’ancienne voie ferrée avec mes gros skis nordiques aux pieds. 

Ça vaut la peine que je vous décrive la neige que j’ai trouvée en bifurquant sur la Sheppard. Sous l’action du soleil, la neige qu’on a eue vendredi était devenue humide et moelleuse, mais pas collante. 

À part un raquetteur égaré sur les 500 premiers mètres de la piste, personne n’était passé là avant moi depuis la bordée de neige de vendredi ; et la glisse sur cette «poudreuse chauffée au soleil» était fantastique. 

En quittant le P’tit Train du Nord, la Sheppard se faufile entre deux collines en nous faisant prendre de l’altitude pendant environ un kilomètre. Cette première section était un peu chaotique aujourd’hui. Il y avait de grands trous dans la piste, peut-être dus au dégel du printemps. 
Cette longue montée nous mène sur un plateau situé au pied d’une impressionnante colline rocheuse. 

C’est sur l’autre versant de ce plateau que j’ai frappé le gros lot : une longue descente pas très à pic, mais quand même rapide aujourd’hui, où j’ai pu slalomer dans de la neige complètement vierge que mes skis découpaient comme du beurre mou. 

Juste ça, ça valait 12$ !  

Cette descente-là débouche sur le chemin du lac Léon, qu’il faut traverser pour aller plus loin.

J’ai suivi la Sheppard sur un peu plus de deux kilomètres, jusqu’à une intersection où elle croise la piste Grignon avant de traverser le lac Pas-de-Poisson. 

J’ai ensuite fait une brève incursion sur la Grignon, dont les balises rendent hommage au plus célèbre personnage créé par l’écrivain Claude-Henri Grignon… 

Je n’ai pas poussé tellement loin pour une bonne raison : les nuages ont soudain envahi le ciel des Laurentides, changeant radicalement l’atmosphère et surtout la glisse. Presque instantanément, la neige est devenue plus glacée et beaucoup plus rapide. 

J’ai donc rebroussé chemin ; et dans ces nouvelles conditions, redescendre vers le P’tit Train du Nord en passant par la section chaotique que je décrivais plus haut a mis ma technique à l’épreuve. 

Ce sont les aléas du ski de printemps. Mais qu’à cela ne tienne : j’ai beaucoup aimé ma randonnée sur la Sheppard. Et je vais certainement y remettre les skis un de ces jours, cette fois pour faire aussi la Grignon, la Thé des Bois et la Maple Leaf. 

NOTE : le stationnement d’où je suis parti n’est pas signalé sur la carte ci-dessous, mais il se trouve sur la route 370, là où le P’tit Train du Nord décrit deux fers à cheval avant de croiser la route.