13 janvier 2017

Le sentier Morillon

Mieux vaut tard que jamais.  

C’est la morale que je tire de ma randonnée d’aujourd’hui sur le sentier Morillon à Bergeronnes, par une journée froide et venteuse typique de ma Côte-Nord natale.

Ça fait 20 ans que cette piste de ski de fond existe. Et ça fait 20 ans que je passe juste à côté tous les hivers sans soupçonner son existence.

Partant de l’aéroport de Bergeronnes et s’étirant sur environ 5 kilomètres, ce sentier a surtout le mérite de nous faire côtoyer le fleuve Saint-Laurent.

Le sentier Morillon est entretenu mécaniquement par des bénévoles, mais ce matin je les ai devancés sur place. Voilà pourquoi j’ai fait randonnée en partie dans cinq centimètres de neige vierge tombés durant la nuit et en partie dans la trace de la motoneige d’un bénévole qui commençait à damer la piste.

C’est une de ces pistes où plus on va loin et plus on est récompensé pour nos efforts.

Quand on prend le départ, on fait d’abord un kilomètre dans un banal boisé où je n’ai jamais eu envie de sortir mon appareil photo.

Mais ensuite, on traverse une rue et le paysage s’améliore radicalement. On skie pendant deux kilomètres à travers une forêt d’épinettes chétives et on a l’impression d’être en pleine taïga.  

Plus loin, on fait une première petite descente et on découvre soudain le fleuve qu’on longe ensuite pendant presque deux kilomètres.

Cette section-là est splendide et un peu plus vallonnée que les premiers kilomètres. Même si les rafales de vent n’incitaient pas à la contemplation aujourd’hui, j’ai pris plusieurs photos dans ce secteur.

 La piste aboutit ensuite à un refuge d’où on a une superbe vue sur le fleuve.

C’est là que j’ai mangé mon lunch, réchauffé par le soleil entrant par deux grandes fenêtres. Un «effet de serre» qui m’a fait renoncer à allumer le poêle.

Tout ça donne une piste qui nous en met plein la vue, à défaut de nous faire vivre des émotions fortes. Je n’attendrai sûrement pas un autre 20 ans avant de la parcourir à nouveau.

12 janvier 2017

Sur les dunes de Tadoussac


Même si je viens de la Côte-Nord, je n’avais jamais vu les dunes de Tadoussac avant cet été. Mais quand je me suis pointé là, en juillet, je me suis dit deux choses : 1) c’est un des plus beaux sites de la région et 2) il faut que je vienne faire du ski ici un de ces jours.

C’est ce que j’ai fait aujourd’hui. Et je me suis bien amusé même si je n’ai pas osé descendre les fameuses dunes jusqu’au bord du fleuve Saint-Laurent.

Honnêtement, je ne crois pas que ç’aurait été une bonne idée. Ces dunes-là sont très-très-très à pic et j’ai entendu dire qu’il s’y produisait des avalanches.

C’est dans ces dunes que des plus fous que moi faisaient du ski sur sable il y a quelques décennies. Cette activité est aujourd’hui interdite, pour éviter l’érosion des dunes.   

Sur mes gros skis de télémark, j’ai commencé ma journée en montant au belvédère d’observation située sur colline rocheuse dominant les dunes. 

J’ai grimpé là par un sentier de marche d’un peu moins d’un kilomètre qui était officiellement fermé, mais qui a avait été damé par un raquetteur. 

Il a fallu que je retire mes skis pour monter les derniers mètres, mais l’effort en valait la peine. La vue sur les dunes depuis le belvédère est spectaculaire.



Il ne faut toutefois pas là monter là en espérant faire une belle descente sur le chemin du retour. Le sentier est trop sinueux et chaotique pour ça.

Après cette ascension, je me suis promené assez longtemps sur le plat, au sommet des dunes et dans les environs. Il y a dans ce coin-là des sentiers fréquentés par des motoneigistes et des espaces dégagés où la glisse était très bonne aujourd’hui, dans une neige molle et mouillée digne d’une belle journée de ski de printemps.

Ensuite, j’ai mis le cap sur cette pente qui, de loin, me paraissait fort prometteuse.

C'est un autre secteur de dunes abruptes, situées non pas au bord du fleuve, mais en haut du chemin conduisant dans le secteur.

J’ai grimpé là-dedans en faisant des zigzags dans l’espoir d’atteindre le sommet. Mais les derniers mètres étaient trop abrupts pour mes moyens.

J’ai fait dans cette côte quelques descentes expérimentales. Comme la pente est très abrupte et très courte, c’était plus agréable de la descendre en diagonale en faisant une longue traverse. Dans la ligne de pente, même en effectuant trois ou quatre virages télémark, mes descentes ne duraient qu’une douzaine de secondes.

Je vais surtout me souvenir de la vue qu’on a sur le fleuve depuis ce haut perchoir. Juste pour ça, ça valait la peine de visiter l’endroit.  


08 janvier 2017

Les berges de LaSalle

À la hauteur de LaSalle, le fleuve Saint-Laurent devient un énorme rapide aussi tumultueux que spectaculaire.

Malheureusement, la piste de ski de fond qui longe cette section du fleuve n’est pas le même caractère. Loin d’être tumultueuse et spectaculaire, elle est plutôt tranquille et fonctionnelle.  

Je ne me plains pas trop fort: c’est formidable que la ville de Montréal ait décidé d’entretenir cet hiver une piste de ski qui traverse Verdun, LaSalle et Lachine, en longeant le Saint-Laurent. Même si ce sentier de 18 kilomètres est coupé à quelques endroits où il faut marcher un moment pour retrouver la piste plus loin. Et même si on ne fait pas du ski très excitant sur cette piste plane et rectiligne.

À LaSalle, où j’ai fait ma randonnée d’aujourd’hui, la piste a au moins le mérite de nous faire voir de près une magnifique section du fleuve. C’est tant mieux parce qu’il n’y a pas grand-chose à voir côté ville. Partout, on longe un secteur résidentiel assez peu inspirant.

Comme on skie dans un couloir de verdure où il y a très peu d’arbres, je vous conseille d’éviter l’endroit les jours de grand vent.

Quant à l’entretien, il m’a paru adéquat. À tout le moins, l’engin d’entretien semble assez lourd pour tracer dans la neige très durcie et laisse des sillons bien moulés.

N’empêche, à LaSalle, la piste a l’air un peu «garrochée». D’une part parce qu’il n’y a aucune signalisation. Et d’autre part parce que le tracé croise souvent l’allée déneigée pour les marcheurs sans qu’on sache trop pourquoi. 

Aujourd’hui, j’ai profité de ma randonnée pour faire un crochet par le parc des Rapides même si le sentier de ski ne passe pas par cette langue de terre où il y a déjà eu une centrale électrique. C’est à cet endroit que le rapide de Lachine  est le plus spectaculaire.

Il faut aussi que je vous dise qu’il y a des «trous» dans la piste ; ou si vous préférez des sections où il faut enlever ces skis pour aller reprendre la piste plus loin. Impossible, par exemple, de skier de LaSalle à Lachine, puisqu’il manque d’espace au bord de la rue pour tracer une piste du pont Mercier jusqu’à la limite de Lachine. Même chose à la hauteur du canal de l’aqueduc, où il faut marcher pour contourner une zone clôturée pour cause de travaux.

Bref, on a affaire à une «piste de proximité» s’adressant avant tout aux skieurs qui, comme moi, habitent tout près. Surtout à LaSalle. À Lachine, la piste passe dans le secteur des canaux et des restaurants, ce qui la rend un peu plus «touristique».

Il me reste maintenant à aller voir à quoi ressemble la piste du côté de Verdun. Ce que je vais sûrement faire d’ici la fin de l’hiver.  

05 janvier 2017

Une colline, un Calvaire

J’ai souffert un peu, mais je n’ai pas vécu un calvaire.

Voilà comment je peux vous résumer la randonnée que j’ai faite aujourd’hui sur la colline du Calvaire d'Oka.

Depuis quelques années, le parc d’Oka n’entretient plus les pistes de ski sillonnant la colline qui sont donc devenues des sentiers de ski nordique qu’on peut aussi emprunter en raquette. 
  
C’était ma première visite depuis ce changement et mon verdict est positif : cette boucle de 8 kilomètres où il faut composer avec un dénivelé d’une centaine de mètres est le meilleur endroit pour faire du ski nordique dans la région immédiate de Montréal.
 
 
J’ai choisi une drôle de journée pour visiter les lieux. Avec le verglas et le grand vent qu’on a eu hier, c’était un brin le bordel dans les sentiers. J’ai dû contourner bien des branches ployant sous le poids du verglas au point d’obstruer la piste. Et j’ai aussi fait pas mal de nettoyage, puisque beaucoup de branches arrachées par le vent étaient tombées dans les sentiers.

Je suis monté au Calvaire en passant par le plus long trajet, qui nous fait nous monter puis descendre un sommet adjacent à celui où se trouvent les chapelles du Calvaire. Heureusement parce que c’est sur cette colline que la glisse était la meilleure. Les raquetteurs sont moins nombreux dans ce coin-là, alors les skieurs qui m’avaient précédé avaient pu tracer des sillons restés intacts.

Ce n’était pas le cas sur la colline du Calvaire, là où les raquetteurs sont beaucoup plus nombreux et où les sentiers sont tapés mur à mur.  Ce qui ne m’a pas empêché d’atteindre mon objectif de la journée…

Bâties sur la colline en 1642, les chapelles du Calvaire d’Oka sont sûrement les plus vieux monuments historiques qu’on peut visiter à skis au Québec. Heureusement, elles ont encore fière allure. Et la vue qu’on a du promontoire où elles sont installées est magnifique.

Ce qui manque à ce parcours, c’est une vraie belle descente mémorable. On en fait une assez excitante quand on redescend du premier sommet, mais ça passe très vite. Et quand on descend du Calvaire, en passant par les stations du chemin de croix aménagé dans la colline, la pente est douce et rectiligne.

C’est dans cette descente que je suis tombé sur ces deux chevreuils peu farouches.

Maintenant que ses sentiers ne sont plus entretenus mécaniquement, la colline d’Oka occupe une « niche » bien à elle: c’est l’endroit le plus proche de Montréal où on peut faire du ski nordique en terrain montagneux. 

Dans mon livre à moi, ça vaut la peine de payer les 23$ que m’a coûté ma visite d’aujourd’hui au parc d’Oka pour en profiter.  Mais bon, c'est sûr qu'on peut faire ce genre de ski gratuitement à plusieurs endroits dans les Laurentides et dans Lanaudière.

02 janvier 2017

Une tournée à Rawdon

Je n’ai qu’une seule chose à reprocher aux sentiers de la Tournée des cantons de Rawdon: leur très long nom, qui se place bien mal dans une phrase.

Sur le terrain, toutefois, ces pistes sillonnant l’arrière-pays de Rawdon m’ont charmé et je suis bien content d’y avoir fait ma «randonnée Jackrabbit» annuelle.

C’est ma tradition personnelle: chaque année, début janvier, je fais une sortie en solitaire à la mémoire de Jackrabbit Johannsen, le père fondateur du ski de fond québécois, mort à l’âge de 111 ans le 5 janvier 1987.

Je fais toujours cette randonnée dans des sentiers nous replongeant à l’époque héroïque du ski québécois. Voilà pourquoi j’ai visité aujourd’hui le secteur non tracé de la Tournée des Cantons de Rawdon.  

Ce réseau-là est divisé en deux. À l’est, dans le bout du golf de Rawdon, les pistes sont tracées mécaniquement et plutôt faciles. Et à l’ouest, dans un secteur plus sauvage et montagneux, les sentiers sont non tracés et plus difficile.

Je suis parti du point d’accès de la rue Sunny Hill, où on trouve un petit stationnement, et j’ai fait une randonnée agréable en parcourant la boucle La Cordiale et en faisant des incursions sur d’autres sentiers adjacents. Dans des conditions de ski nordique idéales…

Le parcours est accidenté et il faut savoir ce qu’on fait sur ses skis parce qu’on doit négocier quelques descentes étroites et sinueuses où c’est difficile de faire du chasse-neige.

Mais bon, pour un parcours de ski nordique, c’est plutôt accessible puisque le relief reste assez modeste. Sauf peut-être sur la piste Docteur Charrette, où je ne me suis pas aventuré, mais dont l’entrée était décorée d’une pancarte «Skieurs experts seulement».  

Quelle journée d’hiver c’était, mes amis. Du soleil. Pas de vent. La température juste sous zéro. Une bonne couche de neige poudreuse recouvrant une croûte qui m’obligeait toutefois à rigoureusement garder mes skis dans les sillons tracés par les skieurs. Parce que dès que j’en sortais, la croûte cédait sous mes 200 livres et quelques…

 En développement accéléré depuis 2014, la Tournée des cantons de Rawdon compte maintenant parmi les fleurons du ski de fond dans Lanaudière. Son secteur nordique me semble un excellent endroit pour s’initier aux joies de la glisse naturelle en sentiers vallonnés.  D'autant plus que la signalisation est claire et qu'on trouve même des cartes formant géant sur le réseau. 

Je remercie les skieurs qui m’ont mis sur la piste de ces pistes en laissant des commentaires sur mon blogue. Ils m’ont permis de faire une bien belle découverte.