28 février 2015

Réserve Alfred-Kelly

J'en ai arraché par bout, mais j'ai quand même fait de l'excellent ski. 

Voilà comment j’ai le goût de vous résumer les deux randonnées que j'ai dans les falaises boisées de la Réserve Alfred-Kelly, entre Prévost et Piedmont, ces deux derniers week-end. 

J’ai skié dans ce qu’on appelait autrefois les sentiers de la gare de Prévost. Un dédale de vieilles pistes historiques comme la MOC et la Whizard qui fait maintenant partie d’un territoire protégé et qu’on a rendu plus facilement accessibles. Nouveaux stationnements, nouvelles cartes, nouvelle signalisation dans les sentiers... l’endroit vient d’entrer dans le 21ième siècle.

C’est tant mieux parce qu’on y fait de l’excellent ski nordique. Dans des sentiers moins périlleux que ce à quoi je m’attendais.

J’ai commencé mes deux randonnées au stationnement situé au bout du chemin de la Rivière, à Piedmont. Il y a là une grande carte des sentiers et l’entrée d’une piste partagée par les skieurs et les raquetteurs.

Ah, les raquetteurs. Dans quelques sentiers de la Réserve, skieurs et raquetteurs sont supposés pratiquer leur sport en parallèle et on a installé plusieurs pancartes disant «Respectons nos traces». Malheureusement, cette campagne de propagande n’a pas l’air de marcher. Tous les sentiers partagés que j’ai emprunté avaient été «raquettés» d’un bord à l’autre.

C’est difficilement compréhensible sur la piste menant en forêt, la Rang 7, qui est très large. Cette piste-là a l’air de suivre un ancien chemin carrossable et passe au bout d’un champ surplombant le P’tit Train du Nord.

Ensuite, le sentier bifurque en forêt et on grimpe en pente douce et finit par rejoindre la piste Whizard, un autre sentier que skieurs et raquetteurs sont supposés se partager.  

La Whizard est une très vieille piste, comme l’atteste cette très vieille balise de sentier fixée à un arbre qui achève de la faire disparaître en grossissant. 

Le week-end dernier, j'ai passé le plus clair de ma randonnée à faire un allez-retour sur ce sentier qu'on peut suivre jusqu'au sommet du Mont Olympia.  

À l'allez, j'ai presque seulement grimpé. La piste prend continuellement de l'altitude en serpentant entre des collines et des gros rochers. 

J’avais un peu peur quand j’ai rebroussé chemin pour redescendre vers l’étang. Mais la redescente s’est plutôt bien passé... je ne suis tombé qu’une seule fois!  Disons quand même que c’est une piste pour skieurs avertis et que j’étais bien content d’avoir de larges skis à carres de métal pour me faufiler là-dedans.

Les sentiers réservés au ski se trouvent de l'autre côté de cet étang à castors. 

Ces sentiers sont protégés des raquetteurs par... des panneaux les enjoignant d'aller s'exécuter ailleurs. D'après ce que j'ai lors des deux dernières fins de semaine, ça marche moyen. C'est un peu normal: après tout, ça ne prend qu'un seul raquetteur délinquant pour ruiner une piste de ski.

C'est de ce secteur-là que je me suis dirigé aujourd'hui avec deux objectifs en tête: skier tous les sentiers ouverts aux skieurs et grimper jusqu'au belvédère naturel perché au sommet de la colline surplombant Prévost.

J'ai fait une longue boucle en passant notamment par le sentier Flight's Delight. Où j'ai notamment dû me taper cette dure montée sous une ligne électrique.

La photo ne lui rend peut-être pas justice, mais laissez-moi vous dire que c'est toute une ascension. Comme le sentier encaissé est étroit, tapé dur et flanquée de neige très folle, c'est très difficile de grimper en canard.

Il y a une autre côte de fou dans la section de la Whizard grimpant dans la colline où se trouve le belvédère naturel. Celle-là est courte mais extraordinairement abrupte. Tellement abrupte, en fait, que je l'ai monté et descendu à pied.

Ça vaut toutefois la peine de se taper cette corvée. Le point de vue qu'on a du sommet de la colline vaut largement l'effort. C'est l'un des plus beaux que j'ai eu la chance de voir dans les Laurentides.


Au pied de la colline qui plonge en formant une impressionnante falaise verticale, il y a la rivière du nord, le P'tit Train du Nord et l'ancienne municipalité de Shawbridge qui fait maintenant partie de Prévost. Et au loin on aperçoit la légendaire «Big Hill», où il y a déjà eu une pente de ski. 

C'est dans cette pente qu'Alex Foster, un jeune skieur de 21 ans, a installé la toute première remontée mécanique des Laurentides en 931. C'était  un long câble entraîné par le moteur d'un taxi qu'on installait au pied de la pente pour tout l'hiver. 

Après m'en avoir mis plein la vue, j'ai pris le chemin du retour. Il y quelques belles descentes juste assez difficiles sur le sentier Wilson Nord qui mène à la plus belle piste de ski de la Réserve à mon avis: une section de la vénérable MOC longue d'environ un kilomètre. 

Dans le livre qu'elle a écrit sur son père, Alice Johannsen, la fille de Jackrabbit Johannsen, raconte qu'elle a participé à l'aménagement de la MOC avec ses collègues étudiants du McGill Outdoor Club (d'où le nom de la piste) dans les années 40. Je tiens à féliciter ces gens-là pour leur beau travail! Juste assez large et très bien dessiné, ce bout de sentier se skie comme un charme. 

Un tuyau en terminant: si vous cherchez un endroit pour reprendre votre souffle et vous changer après votre randonnée, dirigez vous vers la gare de Piedmont. 

 La gare est surtout fréquentée par les adeptes du P'tit Train du Nord. Aujourd'hui, on y offrait gracieusement du café et du chocolat chaud. Il y a aussi une toilette et une table de fartage.


5 commentaires:

Anonyme a dit...

Mon cher Barclay j'aimerais bien moi aussi distinguer la fameuse Big Hill au loin sur ta photo du haut de la falaise à Shawbridge . J'essais de comparer ta photo avec celle de la page 50 du livre '' Des traces dans la neige '' de Danielle Soucy ( que tu te dois de posséder soi dit en passant )et je n'arrive pas à la voir sur ta photo .

Barclay a dit...
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Barclay a dit...

Je viens de regarder les vieilles cartes de la région qu'on trouve sur le site de Plein Air Sainte-Adèle et j'en conclus que Big Hill était situé un peu à gauche de la rue qu'on voit monter dans la colline, genre de l'autre côté de la crête bordant la rue du côté gauche.

C'est sûr qu'on ne peut pas voir la pente de ski elle-même. C'est beaucoup plus boisé dans ce coin-là aujourd'hui que dans le temps. Je voulais plutôt dire qu'on voit la colline où était la pente.

Se pourrait-il que la pente ait été à l'endroit où les arbres sont plus clairsemés sur la colline à gauche de ma photo?

Wow, je viens de passer presque une heure à essayer d'élucider le mystère... Tout à fait mon genre!

BF

Anonyme a dit...

'' Des traces dans la neige '' de Danielle Soucy pour des heures de plaisir a élucider des payasages avant & après , c.-a.-d. aujourd'hui

Barclay a dit...

Je loue ce livre-là une fois tous les hivers depuis quelques années. Je le relis chaque fois. Et chaque fois, je fais de nouvelles trouvailles.