19 mars 2016

Un pèlerinage à la Montagne Coupée


En vérité je vous le dis, j’ai fait du ski de printemps dans des conditions exceptionnelles aujourd’hui au centre touristique la Montagne Coupée de Saint-Jean-de-Matha. Mais vous allez devoir foi en moi quand je vous dis ça parce que je n’ai pas la moindre photo pour vous le prouver. 

Pour la première fois cette saison, j’ai oublié de charger mon téléphone mobile avant de partir de la maison et l’appareil a rendu l’âme tout de suite après que j’ai eu pris cette photo pas très réussie de l’accueil du centre.

Ce n’est pas pour rien que j’ai fait presque trois heures de route aujourd’hui pour aller skier à la Montagne Coupée alors que l’hiver tire à sa fin. C’est un des endroits dans la grande région de Montréal où on fait le maximum pour offrir les meilleures conditions possible et prolonger la saison quand le printemps arrive.   

Ma dernière visite remontait à 2009 et depuis le centre a subi une vraie transfiguration. Le territoire où se déploient ses sentiers a été racheté par les moines Cisterciens qui occupaient autrefois l’abbaye d’Oka. Les moines y ont construit un monastère retranché dans la forêt et un pavillon servant à la fois de boutique «religio-gourmande» et de pavillon d’accueil pour skieurs et raquetteurs.

Le bâtiment a un petit air monastique qui nous met dans un état d’esprit contemplatif avant de partir en randonnée. De grandes baies vitrées laissent entrer le soleil. De la musique religieuse joue dans les salles de bain. Et en fin de journée, j’ai même croisé un moine qui faisait goûter le chocolat de l’abbaye aux skieurs !

C’est une vraie malédiction que mon appareil photo soit tombé en panne. Les sentiers de la Montagne Coupée comptent parmi les plus photogéniques que je connais.

Le paysage est dominé par la «montagne coupée» qui donne son nom au centre. C’est une colline laurentienne possédant un flanc en forme de cap rocheux abrupte et spectaculaire. Que voici sur une photo que j'ai prise il y a quelques années.

Cette colline surplombe un secteur de boisés et de champs descendant en terrasses jusqu’à la rivière L’Assomption qui passe au sud du domaine. On a l’occasion d’admirer tout cet environnement en descendant vers la rivière par le sentier «6.9». 

Pendant la descente, la piste nous offre d’abord quelques points de vue superbes d’où on peut contempler la montagne coupée, la rivière qui serprente en contrebas, les skieurs qui glissent à travers champ et quelques bâtiments de ferme en ruine qui ajoute au pittoresque des lieux.

Le sentier longe ensuite la rivière L’Assomption qu’on a l’occasion d’admirer de vraiment très près puisqu’on skie tout juste sur le bord.  Même si elle est large pour accommoder les adeptes du pas de patin, cette piste est tout simplement divine.

Cela dit, il y a aussi à la Montagne Coupée des sentiers réservés au classique qui méritent aussi des louanges. Aujourd’hui, j’ai fait une randonnée étonnamment agréable sur la boucle «7.6» qui n’avait pas été travaillée par l’engin d’entretien. La mince couche de neige tombée plus tôt cette semaine créait une surface moelleuse sur la croûte solide comme le roc se trouvant en dessous et c’était fantastique de glisser là-dedans sur mes skis à carres de métal.

En temps normal, les pistes réservées au classique de la Montagne Coupée sont aussi bien entretenues qu’un parcours de course. Et elles sont sublimes. C’est simple : tous les sentiers classés intermédiaires et difficiles ont ce qu’il faut pour envoyer un skieur moyen au septième ciel. Comme elles sont tracées double et relativement large, on a de l’espace pour manœuvrer dans les descentes. J’ai un excellent souvenir du sentier «3», que je n’ai pas parcouru aujourd’hui. Et la boucle «5.3» n’est pas piquée des vers non plus.

Si je fais un jour un guide des meilleures destinations ski de fond au Québec, sûr que la Montagne Coupée va si trouver.  Bien content d'y avoir fait un pèlerinage aujourd'hui! 


Aucun commentaire: